23 Aug
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La cotisation minimale constitue un minimum d’imposition applicable à certaines entreprises et contribuables soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) ou à l’impôt sur le revenu professionnel.

Elle peut devenir exigible même lorsque l’entreprise réalise un résultat fiscal déficitaire ou lorsque l’impôt calculé sur le bénéfice est inférieur à la cotisation minimale.

Pour les dirigeants et investisseurs, il est donc important de ne pas raisonner uniquement à partir du bénéfice fiscal : le niveau d’activité et certains produits de l’entreprise peuvent également déterminer le montant minimum d’impôt à payer.

Voici les principales règles à connaître en 2026.

1. Qu’est-ce que la cotisation minimale ?

La cotisation minimale est un minimum d’imposition prévu par le Code général des impôts.

Pour une société soumise à l’IS, le montant de l’impôt dû ne peut, sous réserve des exonérations et cas particuliers prévus par le CGI, être inférieur à la cotisation minimale calculée conformément aux règles fiscales applicables.

En pratique, l’entreprise compare donc :l’IS calculé sur le résultat fiscal avec la cotisation minimale calculée sur son assiette propre et applique les règles prévues par le CGI pour déterminer le montant effectivement exigible.

2. La cotisation minimale est-elle calculée sur le bénéfice ?

Non. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes. La cotisation minimale ne se calcule pas directement sur le bénéfice fiscal. Son assiette comprend notamment certains produits de l’entreprise définis par l’article 144 du CGI.

Elle peut notamment prendre en compte :

  • le chiffre d’affaires hors taxe ;
  • certains autres produits d’exploitation ;
  • certains produits financiers ;
  • les subventions, dons et primes entrant dans le champ prévu par le CGI.

La cotisation minimale peut donc être significative pour une entreprise ayant un chiffre d’affaires important mais une faible marge bénéficiaire.

3. Quel est le taux de la cotisation minimale en 2026 ?

Le taux de droit commun est de : 0,25 %. Ce taux résulte notamment de la réforme introduite par la loi de finances 2023 et reste applicable dans le régime actuel. Un taux réduit de : 0,15 % s’applique à certaines opérations réalisées par des entreprises commerciales portant sur des produits spécifiquement visés par le CGI, notamment certains produits de première nécessité ou à prix réglementé. Il est donc important de vérifier la nature exacte des produits concernés avant d’appliquer le taux réduit.

4. Quel est le montant minimum à payer ?

Pour les sociétés soumises à l’IS, la cotisation minimale ne peut en principe être inférieure au minimum prévu par le CGI, actuellement fixé à :3 000 MAD

Cela signifie qu’une société redevable de la cotisation minimale peut être tenue de payer ce montant même lorsque le calcul proportionnel donne un montant inférieur.

5. Exemple de calcul

Prenons une société réalisant :

  • chiffre d’affaires hors TVA : 5 000 000 MAD ;
  • résultat fiscal : déficitaire ;
  • activité relevant du taux de droit commun.

Cotisation minimale : 5 000 000 × 0,25 % = 12 500 MAD

Même si la société ne dégage aucun bénéfice fiscal imposable, elle peut donc rester redevable d’une cotisation minimale de 12 500 MAD, sous réserve bien entendu de sa situation fiscale et des éventuelles exonérations applicables.

Cette règle explique pourquoi une société déficitaire n’est pas nécessairement une société ne supportant aucun IS.

6. Les nouvelles entreprises sont-elles exonérées ?

Le CGI prévoit une exonération temporaire de cotisation minimale en faveur de certaines nouvelles entreprises pendant la période de démarrage de leur activité.

L’exonération est notamment encadrée par une durée maximale et par le point de départ effectif de l’exploitation.

En pratique, il est important de distinguer :

  • la date juridique de création de la société ;
  • la date de début d’exploitation ;
  • la période pendant laquelle l’exonération peut effectivement être utilisée.

Une société constituée longtemps avant le démarrage réel de son activité devrait donc vérifier précisément sa situation plutôt que de considérer automatiquement qu’elle bénéficie d’une exonération pendant trois exercices complets.

7. Certaines professions sont-elles soumises à un taux particulier ?

Oui. Pour certains contribuables soumis à l’IR exerçant des professions spécifiquement énumérées par le CGI, un taux particulier de cotisation minimale peut s’appliquer. Il ne faut toutefois pas confondre ce régime avec celui applicable à une société soumise à l’IS. Cette distinction est notamment importante pour les professions libérales qui hésitent entre exercer en nom propre ou à travers une structure sociétaire.

8. Cotisation minimale et société déficitaire

Une entreprise peut avoir :

  • un résultat comptable déficitaire ;
  • un résultat fiscal déficitaire ;
  • et néanmoins une cotisation minimale à payer.

C’est particulièrement fréquent dans les activités :

  • à faible marge ;
  • en phase de restructuration ;
  • supportant des charges importantes ;
  • ou connaissant une baisse temporaire de rentabilité.

Lors de la préparation d’un budget ou d’un business plan, il est donc préférable d’intégrer la cotisation minimale dans les projections de trésorerie.

9. Pourquoi vérifier l’assiette de la cotisation minimale ?

Une erreur peut conduire soit à une insuffisance d’impôt, soit à un paiement supérieur à ce qui est réellement dû.

Lors de la clôture annuelle, il convient notamment de vérifier :

  • la concordance du chiffre d’affaires avec la comptabilité ;
  • les autres produits d’exploitation ;
  • les produits financiers ;
  • les subventions et autres produits concernés ;
  • les éventuelles opérations bénéficiant du taux réduit ;
  • l’existence d’une exonération ;
  • le régime fiscal exact de l’entreprise.

Cette revue est particulièrement utile avant le dépôt de la déclaration annuelle de résultat fiscal.

10. Cotisation minimale et business plan

Pour un investisseur, la cotisation minimale constitue également un élément à intégrer dans les prévisions financières.

Une société peut en effet avoir un chiffre d’affaires élevé tout en présentant une faible marge pendant ses premières années.

Dans ce cas, la cotisation minimale peut devenir l’impôt effectivement supporté.

Lors de la préparation d’un projet d’investissement au Maroc, le business plan devrait donc intégrer simultanément : IS théorique + cotisation minimale + TVA + retenues à la source éventuelles + autres obligations fiscales

INDICAC vous accompagne dans vos obligations fiscales

INDICAC accompagne les entreprises marocaines et internationales dans :

  • le calcul de l’IS ;
  • la détermination de la cotisation minimale ;
  • la revue du résultat fiscal ;
  • les déclarations fiscales annuelles ;
  • l’analyse des charges déductibles ;
  • la fiscalité des investissements ;
  • l’assistance lors des contrôles fiscaux.

Vous souhaitez vérifier le calcul de votre IS et de votre cotisation minimale ?

Une revue fiscale avant la clôture permet souvent d’identifier les ajustements nécessaires, les risques éventuels et les incidences sur l’impôt à payer.

Contact : contact@indicac.ma

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